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Interview de Justo Bolekia Boleká sur Radio Macuto

Par Journaldemalabo.com - Assofrange - 12/04/2013

"Les militaires doivent restituer ce qu’ils nous ont enlevé"

 

Dr. Justo Bolekia. Dans toutes les plates-formes politiques créées pour lutter contre la dictature de la Guinée Équatoriale et auxquelles vous avez participé, pourquoi avez-vous souhaité rester au second plan malgré votre potentiel?
Au second plan ? Vous savez, il y a une chose qui m’a beaucoup marqué depuis ma naissance et durant les périodes coloniale et post-coloniale : Je suis Bubi. L’Espagne a ignoré mon ethnie lors de la configuration des pouvoirs de l’État de la Guinée Équatoriale. Nos "frères de pays" et "de lutte" ne sont pas encore en mesure d’accepter qu’un Bubi soit le Chef d’État en Guinée Équatoriale. Pourquoi ? La réponse est simple et j’espère que vous comprendrez. Ils vivent encore le syndrome traumatique post-colonial dont ils sont victimes et auquel ils ont donné forme avec l’expression suivante: “Si les Bubis atteignent le pouvoir en Guinée Équatoriale, c’est sûr qu’ils nous chasseront de l’île de Bioko, le paradis que nous avons hérité de l’Espagne”. Ceci justifie l’inondation démographique de l’espace endogène bubi, le monopole ethnique de l’administration du pays, la déterritorialisation et l’expropriation injustifié du Bubi, son affaiblissement et la perte de son pouvoir d’achat, le contrôle exercé sur lui avec l’appui des sectes et de l’Église catholique sur l’île de Bioko, etc.Tant que les dirigeants politiques auto-divinisés pensent ainsi, ils seront victimes de leur vision réduite en ce qui concerne la politique, ou leur crainte pour faire un espace commun pour tout le monde, avec une coexistence réglée et garantie par la loi, et créer un espace où les militaires feraient abstraction de leur force pour favoriser les développements politique et économique.

 


© guineaecuatorialpress.com
Justo Bolekia Boleká, à Avila, en octobre 2009
Une majeure partie de la jeunesse s’est éveillé. Qu’est-ce que vous attendez d’elle?
Permettez-moi de vous demander une chose : Est-ce qu’elle était endormie? Ne serait-ce pas plutôt qu’elle a été longtemps piégée dans le "respect dû à l’aîné" sans pouvoir se libérer de ce joug psychologique ? Quand on est vraiment jeune, on est en mesure d’exiger des changements afin de garantir l’avenir professionnel, communautaire, culturel, familial, etc. Les changements doivent être promus dès la rébellion de la jeunesse. On commence déjà à entendre des voix discordantes des jeunes qui ressortent. Je parle d’Adjoguenin, qui dénonce les injustices commises par le régime du général-président Teodoro Obiang Nguema, un régime qui menace toujours l’essence culturelle des Fangs.

En tant que membre du Comité exécutif de la plate-forme RENAGE, qu’elle a pu être, selon vous, la raison de son échec ?
Dans la divinisation et l’occultisme de notre chef de file, un homme que nous croyions honnête et sincère à l’époque. Je parle de Daniel Mba Oyono. Le manque de transparence et de personnalisation absurde (ou appropriation) du projet politique pour changer la Guinée Équatoriale, sans compter avec ses collaborateurs, empêchent que des projets comme celui-là réussissent...

Comment devient-on opposant au régime en ayant une épouse, Mimi Bueriberi, coordonnatrice du PDGE ?
Une femme coordonnatrice du PDGE ? Eh bien, franchement, vrai ou faux, c’est la décision de cette personne. Dans la Guinée Équatoriale de mes rêves, la liberté idéologique est sacrée et une femme n’a pas besoin d’appartenir au parti de son mari. Il est déjà temps que le machisme cède le passage à l’égalité entre les hommes et les femmes. Et cela m’amène à dire que ce serait bon qu’une femme soit la présidente de la Guinée Équatoriale. On aurait beaucoup de choses, j’en suis sûr, à condition que ladite femme chef d’État ait une bonne formation et soit une scrupuleuse défenseur des droits humains.
Dans notre pays, on kidnappe et on exécute des citoyens sans problème ; on nomme un deuxième vice-président en dehors de la Constitution, sans aucun problème ; les étrangers sont poursuivis et maltraités aujourd’hui comme des animaux et ça ne fait rien ; Croyez-vous la population Equato-Guinéene incapable de répondre à tant d’injustices ?C’est le problème le plus important. Une population terrorisée, intimidée, malmenée, contrôlée, empoisonnée avec de l’alcool et de l’eau insalubre, condamnée à mourir de maladies curables par manque de matériel médical et chirurgical adéquat, affaiblie physiquement et psychologiquement vaincue, traumatisée, etc., comment peut-on attendre d’elle un acte de courage ? Le régime sait bien ce qu’il faut faire pour contrôler les Guinéoéquatoriens, qu’il s’agisse des gens de l’intérieur ou l’extérieur. Le régime n’épargne aucun effort ou moyens pour s’assurer que la population Equato-guinéenne sera toujours soumise.

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