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L’Afrique: un continent riche, une jeunesse toujours pauvre et sans emploi

Par Yvon-Serge BADILA - 03/06/2013

«Par manque d’enseignement professionnel adéquat, cette partie du monde ne s’est pas complémentent adaptée à la mutation technologique mondiale»

 

En dépit de son insolence relative à son capital naturel «environ 61% des terres agricoles dans le monde, un tiers des réserves minérales de la planète, une réserve d’eau souterraine de plus de 0,66 million de mètres cubes…», le continent africain accuse toujours un retard de développement considérable par rapport au reste du monde. Disposant d’éléments que certains considèrent comme atouts, dont la population la plus jeune du monde, l’Afrique continue d’étonner chaque année. En effet, celle-ci assure une croissance particulièrement dynamique, dont les chiffres peuvent susciter une certaine jalousie des économies avancées (5,6 % en 2013 selon les prévisions du Fonds Monétaire International). Outre ce capital, ce continent ne tire pas profit de cet avantage, puisque certains pays ont beaucoup de mal à faire reculer la pauvreté de manière significative.

 


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Yvon-Serge BADILA, Ingénieur territorial en charge des Nouvelles Technologies et des Télécommunications (île de France)
Au niveau social, la situation reste difficile en Afrique, surtout pour les jeunes. En réalité, le nombre de pauvres ne cesse de progresser à mesure que la population elle-même augmente. De plus, au sud du Sahara, les états en général, et les élites en particulier, n’aident pas suffisamment leur jeunesse à entreprendre. Cette absence de politique d'entreprise a pour conséquence le retard de ce continent dans son développement. En ne proposant aucune perspective d’avenir à sa jeunesse, les dirigeants manquent, non seulement de vision, mais aussi de courage politique. Même s’il est vrai que le politique ne peut pas tout, il doit toutefois donner une véritable impulsion à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques permettant de faire reculer la pauvreté dans ce continent. Faute de main-d'œuvre qualifiée dans les domaines d'exploitation des matières premières et de la construction d’infrastructure, nombre d’entreprises présentent dans cette partie du monde, amènent souvent leur propre main d'œuvre. Par conséquent, l’activité économique en Afrique subsaharienne ne profite pas directement à la population, et près de 400 millions de personnes vivent avec moins de 1 euro par jour.

Pourtant, dans la plupart des continents, les élites ont souvent mis la jeunesse au centre des enjeux de développement des nations. Ainsi, dans un monde de plus en plus globalisé, la place de la jeunesse comme « valeur refuge » dans les pays développés et émergents s’est considérablement accrue. Pour autant, il est indubitable qu’en Afrique, la jeunesse est, non seulement marginalisée, déresponsabilisée, mais aussi infantilisée. De ce fait, elle n’est pas considérée comme un ferment de l’avenir de ce continent, puisque certains états africains consacrent peu d’investissement dans les domaines de l’éducation et de la formation professionnelle de sa jeunesse. D’ailleurs, le système éducatif dans cette partie du monde n’a guère progressé depuis les indépendances des ex-colonies. Vivant dans un monde en pleine mutation technologique, cette jeunesse dépourvue de formation professionnelle, ne peut répondre aux besoins actuels de recrutement des entreprises présentent dans ce continent. Ce n’est pas un secret de polichinelle de dire que le système éducatif est toujours orienté vers l’enseignement général. Par manque d’enseignement professionnel adéquat, cette partie du monde ne s’est pas complémentent adaptée à la mutation technologique mondiale.

À l’exception de certains pays d’Afrique subsaharienne qui disposent au mieux d’un institut supérieur d’enseignement technologique, et aux plus de deux lycées techniques, comme l’Angola, le Congo Brazzaville, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Sénégal…, la plupart des états ne recensent malheureusement aucun établissement d’enseignement technique. Cet état de fait ne contribue pas à faire de la jeunesse africaine, un acteur dynamique au service du développement de son pays. En réinvestissant dans la formation professionnelle, les élites jetteront les bases d’une Afrique comme terre d'opportunités pour une jeunesse entreprenante. Aussi, le développement de l’enseignement professionnel permettra de mettre toutes les chances de réussite du côté de cette jeunesse, afin que celle-ci puisse être acteur du changement du continent africain; une jeunesse comme clé de voute du développement de l’Afrique. Néanmoins, soulignons les efforts de quelques pays au sud du Sahara, dont les politiques sont orientées vers la jeunesse ; tels que l’Angola, le Botswana, le Gabon, le Ghana, la Guinée équatoriale, le Rwanda, le Sénégal. Cette dynamique aboutira, j’ose espérer, à préparer à moyen terme cette jeunesse aux défis futurs de ce continent ; sortir enfin du sous-développement pour emprunter le chemin de l’émergence…

Enfin, l’Afrique regorge à travers le monde de ressources humaines de qualité. Ainsi, les élites devront plus souvent jouer leur rôle d'aiguillon dans la société, et favoriser les conditions d'une bonne adhésion autour des projets permettant la réduction du chômage des jeunes, et l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Ainsi, le pragmatisme doit prendre le pas sur l’idéologie. Former, Valoriser, Responsabiliser cette jeunesse permettra à l’Afrique de se doter d’un outil efficace pour affronter en toute sérénité le grand chantier de la «Modernisation» de ce continent. En plus, redonnant espoir à sa jeunesse, les gouvernants africains faciliteront son intégration dans les processus de développement des états. Au-delà de tous ces maux, l’Afrique peut croire à son futur économique, puisque certains de ses dirigeants ont pris conscience du caractère inéluctable de l’implication de cette jeunesse africaine aux grands enjeux du XXIe siècle de ce continent. Par conséquent, la jeunesse ne doit pas être un problème, mais plutôt une des clés de l’émergence de l’Afrique.

 

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