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Pr Joseph Vincent Ntunda Ebode «La CEMAC va difficilement se remettre de cette crise»

Par par Thierry Ndong - 23/04/2012

L’analyse du Directeur du Centre de Recherches d’Etudes Politiques et Stratégiques (CREPS)- Université de Yaoundé II

 

Depuis quelque temps, la Commission de la Cémac est sous les feux de l'actualité, avec son président Antoine Ntsimi comme élément central du puzzle. Comment vous appréhendez cette crise qui met aux prises des acteurs insoupçonnés déballant tout au grand jour?
C'est une crise profonde qui découle, à mon avis, de deux choses: la façon dont les postes et institutions ont été affectés au moment de la création de l'UDEAC et la remise en cause de cet acquis communautaire, avec l'élargissement de la communauté. En somme, les institutions et les postes ont été repartis entre les Etats qui étaient présents à la création. Mais l'intégration de la Guinée Equatoriale plus tard et son non respect de la situation de fait trouvée (acquis communautaire), va aboutir à la réforme en cours. Cette réforme qui n'accepte plus de poste fixe attribué de manière définitive aux Etats membres de la communauté, ayant abouti dans un premier temps à la perte du poste de Gouverneur de la BEAC par le Gabon, semble expliquer la crise actuelle. En fait, certains Etats ont l'impression que la reforme n'est pas allée jusqu'au bout. Ils estiment que tous les postes doivent devenir tournants; et accusent le Président de la Commission – Antoine Ntsimi de bloquer le processus.

 


© fr.africacenter.org
Pr Joseph Vincent Ntunda Ebode
La crise actuelle à la Commission de la Cémac n'est-elle pas la faillite du modèle d'intégration hérité du colonisateur français?
En partie, oui. Mais d'un autre côté, il ne faut pas négliger les ambitions inavouées de certains Etats à bloquer le processus d'ensemble, lorsqu'ils considèrent qu'ils n'y gagnent rien.

La diplomatie semble montrer ses limites dans la résolution du conflit. Selon vous, quels sont les scénarii de sortie de crise?
On ne peut pas encore dire que la diplomatie a montré ses limites. Nous ne sommes pas en guerre et les négociations en cours semblent montrer que c'est cette voie qui est privilégiée. Le véritable problème à mon avis vient de l'implication directe et publique du chef d'Etat centrafricain dans la crise. Cette prise de position au sommet, en violation des textes et conventions en vigueur, a rendu le processus plus politique que diplomatique. Et la vive réaction du Cameroun, qui cette fois-ci, est sorti de sa réserve habituelle, montre que le pouvoir de Yaoundé commence à être exaspéré par la récurrence des comportements inamicaux à l'égard du Cameroun dans la sous-région.

La Cémac peut-elle se remettre de cette crise? Si oui, à quelles conditions?
La CEMAC va difficilement se remettre de cette crise. A mon sens, les autorités centrafricaines sont allées très loin. Il me semble que c'est le Cameroun en tête, suivi des quatre autres pays (Gabon, Congo, Tchad et Guinée Equatoriale), qui ont la solution. L'initiative centrafricaine est vécue par les autres Etats comme un acte de mépris à leur endroit. Deux possibilités me semblent idoines pour la sortie de crise. Premièrement, le président centrafricain adresse une lettre d'excuse, via le Président en exercice de la CEMAC (Dénis Sassou NGUESSO), aux autres chefs d'Etat de la CEMAC, regrettant son acte. Deuxièmement, le Cameroun retire la candidature d'Antoine TSIMI et présente un autre Camerounais, ce qui lui permet de garder le poste. Bien évidemment, cette orientation implique qu'on oriente les réformes ailleurs que sur la remise en cause des acquis communautaires en termes de poste et d'institutions attribuées aux Etats. En fait, il faut prendre du temps pour voir clair dans cette affaire. Tout semble indiquer aujourd'hui que ce coup était prémédité.

La Construction d'un autre modèle d'intégration est-elle possible en Afrique centrale? Comment -vous voyez ce modèle- là?
Cette crise de la CEMAC est aussi une opportunité pour la CEEAC qui est en vérité la seule sous-région reconnue par la communauté internationale. Un autre modèle est donc possible. La CEMAC n'a pas de profondeur stratégique et le Cameroun qui se trouve à la frontière entre l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale doit tirer avantage de toutes les opportunités que sa géographie et son histoire lui offrent.

 

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