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A la découverte du rappeur Krazé Negrozé: Tigre Noir!

Par source: FGE - 25/05/2012

De son vrai nom Marcos Ela Edjang, l'artiste réside aujourd'hui en Espagne

 

De son vrai nom Marcos Ela Edjang, l'artiste réside aujourd'hui en Espagne. Le rappeur, âgé d’une trentaine d’années et résidant à Madrid, nous raconte ses débuts dans le Rap, son évolution comme artiste au sein de la société espagnole:

Une brève présentation de toi Krazé Negrozé!
suis né à Malabo, en Guinée Equatoriale, en 1978, un endroit où j’ai appris à rêver d’une autre manière et à révéler ce que j’avais en moi. Je ne saurais vous dire si c’est par chance ou par malheur que je suis parti de ma ville natale en 1992 pour Madrid. J’ai alors commencé à écrire mes premières rimes sans pour autant délaisser la danse. Quant à ma personnalité, je reste... le noir qui se cache derrière l’artiste surnommé Krazé Negrozé et celui qui l’aide à être un bon artiste dans cette voie rude mais agréable qu’est la musique. J’ai fait ma première maquette en 1995, puis j'ai réussi, en 2001 à sortir mon premier disque «Tiempo Muerto», après avoir signé un contrat avec un label espagnol bien connu. J’ai réalisé depuis deux albums en solo en tant que Krazé Negrozé, trois albums avec mon ancien groupe 995, un autre avec un ancien partenaire du groupe MEKO, un Street Album avec United Barrios.

 


© flickr.com
Le rap est son univers
Lorsque vous êtes sur scène ou dans un studio d’enregistrement, continuez-vous d’être Marcos Ela Edjang ou vous changez-vous en Krazé Negrozé? D’où vient-il ce nom?
Où que je sois, je serai toujours le même. Un studio d’enregistrement est comme une église où je vais pratiquer ma religion et la scène, un autel où je vais rapper ma foi afin que d’autres croyants m’écoutent avec l’âme que porte le noir qui se cache en Krazé Negrozé et qui sera toujours Marcos Ela Edjang ou "Rey". Krazé Negrozé est un mélange entre l’espagnol et le fang: K-ra-zé (visage de tigre) Negro zé (tigre negro), en résumé, mon nom d’artiste signifie: Tigre Noir avec un visage de tigre.

En 1996 vous avez édité votre première maquette «Kreación» avec des productions de Jota Mayúscula et la collaboration du fameux et mythique groupe CPV, pourriez-vous nous raconter cette expérience avec ces grands du Rap espagnol?
Plutôt que de décider par soi-même, il y a certaines choses qui se produisent sans pourtant les avoir occasionnées... Un soir, je sortais d’une discothèque, j’arrivai à la gare de Torrejón... Je m’approchai, vu la foule qu’il y avait comme toujours et j’ai lancé mes rimes. La seule chose dont je me souviens, c'est le moment où Jota Mayúscula (Jesús Bibang González, DJ et producteur de hip hop espagnol) m'a dit qu’il allait me produire et que nous devrions prendre rendez-vous pour faire de la musique ensemble. Ce jour-là, j’étais tellement heureux, car jamais je n’aurais pensé que je pouvais enregistrer une démo et la présenter au public. Jusqu’à maintenant, je continue à le remercier pour cela.

Et le groupe 995, comment surgit-il? Quel rôle jouiez-vous dans ce groupe?
J’avais reçu un appel de mon pote MEKO “Evindiambua”. Il m'a informé du projet 995 qui réunissait d’autres MC’s. Au début ça ne me plaisait pas du tout, mais comme Meko y était impliqué, je ne pouvais pas lui dire non ou lui tourner le dos, car c’est quelqu’un que je connais depuis mon enfance...

Comment se sent un rappeur d’origine équato-guinéen quand il se retrouve avec d’autres pour enregistrer une chanson sous le nom de Meko & Krazé? Cet album a-t-il reçu la collaboration d’autres rappeurs équato-guinéens?
Na so so wi… c’est la seule chose que je peux vous dire. C’est comme partir de Bata ou de Malabo pour une autre ville à l’étranger et croiser un compatriote qui sait avec exactitude où se trouve la rue, l’avenue, la place, etc. que tu cherches. Dans cet album, bien sûr qu’il y a eu des collaborations avec quelques Equato-guinéens d’origine tels que LOMEQ, MEFE, BLACK B et El CHOJÍN.

 

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Comment évaluez-vous vos progrès lorsque vous pensez à vos débuts? Celui de ce gamin, nouveau venu en Espagne; et par ce mélange de l’espagnol et du «pidgin» (anglais déformé), présent depuis la première chanson que vous avez écrite jusqu’à maintenant, qu’est-ce que votre musique prétend préserver ou au contraire mettre de côté?
Je ne sais pas…, je fais avant tout du rap, tout simplement... Si dans une chanson, j’ai envie de dire «A MUADJANG», je le dirai ; si je souhaite dire «EYÉ NA NGAMA, A YU DE SÓ, NA SO EDÉ», je le dirai, y compris n’importe quelle phrase ou expression espagnole, française, anglaise et même en portugais, en allemand ou dans n’importe quelle autre langue que j’aurais apprise au préalable, car je suis certain qu’au moins une personne se souviendra de ce que j’ai voulu dire. Le plus important pour moi, c’est de m’exprimer et non de me figer dans l’esthétique qui consiste à chanter entièrement dans une seule langue…Moi je fais de la "BLUE JEANS MUSIC" et c’est pour tout le monde.

Depuis plusieurs années, en Guinée Equatoriale, il existe des artistes talentueux tels que Adjoguening et Lil Champ, deux MC’s qui font du rap en langue fang, y a-t-il une différence avec le rap espagnol?
La différence se situe au niveau des moyens dont ils peuvent disposer, du public qui les soutient plus que la langue en elle-même. En outre, malgré tout cela, je voudrais profiter de cette occasion pour les envoyer tous mes encouragements, lumière et force, choses dont ils auront besoin tout au long de leurs carrières respectives. Je souhaiterais ajouter que ce ne sont pas tous ceux qui mettent par écrit leurs pensées et prennent un micro sont ceux-là qui font du RAP (Rhyme And Poetry). Si ce que tu écris ne rime pas, selon moi, ce n’est pas du RAP, bien que le rythme (ou beat) provienne du Rap.

Croyez-vous que les paroles d’Adjoguening renferment-elles une critique constructive? En plus il se fait appeler «la voix du peuple» qu’en pensez-vous?
Bien sûr, et cela devrait exister, sinon lui-même n’en comprendrait pas les raisons. Quant à la deuxième question, je pense que c’est plutôt à lui que vous devriez la poser.

Êtes-vous démocrate? Qu’est-ce-que la démocratie pour un rappeur? Sauriez-vous faire la différence entre dictature et monarchie?
Je crois aux cœurs des personnes qui forment un peuple et je soutiens toute personne qui veut le bien-être de tous les peuples d’une façon démocratique... La seule chose que je souhaite, c’est la paix dans le monde, car si cette paix arrive, tous nous en bénéficieront y compris les générations futures.

Que pensez-vous du “printemps arabe”? Ces révoltent sont-elles légitimes?
Tout ce qui se passe en Afrique est illégitime jusqu’à ce que l’Occident dise le contraire.

À votre avis quelle était la bande sonore durant votre enfance et votre jeunesse? Eut-il une certaine chanson, un disque, un groupe qui vous a spécialement marqué?
La bande sonore de mon enfance était la voix de mon père, lequel m’appelait habituellement "REY". C’est la chanson de mon âme...
(Source: Africnaone)

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