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Tutu Alicante Leon, directeur exécutif d'EG Justice

Par Source: laceldademumia.blogspot.com - 03/07/2012

Un Annobonnais de 38 ans dont ONG, basée aux Etats-Unis, a mené campagne contre le prix Unesco-Obiang Nguema

 

Qui êtes-vous Tutu Alicante?
Je suis Equato-guinéen, Annobonais, né à Malabo. Je suis diplômé en sociologie et en droit, avec un master en droits de l’homme. J’ai l’honneur de diriger une Organisation non gouvernementale (ONG) qui s’appelle: EG Justice. Je suis marié avec une femme beaucoup plus intelligente et plus gentille que moi, et je suis père de deux jolies créatures qui donnent du sens et de la sérénité à ma vie.

Vous êtes le Directeur exécutif de l’organisation de défense des droits de l’homme EG Justice, dont l’objectif est de «promouvoir les droits humains et l’état de droit, la transparence et la participation civique pour construire une Guinée équatoriale plus juste.» Que fait EG Justice pour atteindre ce but? Quelles actions concrètes sont entreprises?
La mission d’EG Justice consiste – comme vous l’avez dit – à promouvoir les droits de l’homme, l’état de droit, la transparence et la participation civique en Guinée équatoriale. Nous avons quatre programmes ou chantiers. Nous croyons qu’une société démocratique a un besoin essentiel de sources d’information indépendantes, c’est pourquoi nous mettons à la disposition du public une base d’informations en ligne ; et nous élaborons des rapports analytiques sur des questions pertinentes relevant de la situation socio-politique et économique de la Guinée équatoriale. Nous sommes convaincus que l’information c’est la pouvoir. D’autre part, à travers le Forum EG Policy, un forum d’échange d’idées, nous correspondons avec des experts de différents domaines, membres de la société civile, représentants de gouvernements, etc, pour débattre et définir ensemble des objectifs et des solutions à certains problèmes qui affectent la Guinée équatoriale. Enfin, nous réalisons diverses initiatives de communication auprès des Nations-Unies, d’agences multilatérales et de gouvernements concernés, y compris celui de la Guinée équatoriale.

 


Tutu Alicante!
Puisque vous résidez aux Etats-Unis, vous devez suivre de près les relations entre l’administration Obama et le gouvernement de la Guinée équatoriale. Quelle est votre appréciation des relations politiques qu’entretiennent les gouvernements américain et espagnol avec la Guinée équatoriale? Et sur quoi croyez-vous qu’ils se fondent?
Il semble plus vrai chaque jour qu’entre les Etats n’existent plus que des relations d’intérêt. Le pétrole est devenu, semble-t-il, la seule unité de compte et la raison pour laquelle on maintient des relations bilatérales avec la Guinée équatoriale… Le gouvernement américain publie toujours un rapport annuel sur les droits de l’homme, notamment en Guinée équatoriale. Il n’a pas changé de ton et d’opinion sur la cruelle absence de libertés que connait la population équato-guinéenne. En coulisse, un haut-fonctionnaire d’Espagne, des Etats-Unis ou d’un autre pays vous dira que le régime politique en Guinée équatoriale est une aberration. Au sein du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, ou par exemple à l’Unesco, plus d’un représentant vous dira que le gouvernement équato-guinéen est une mauvaise blague. Il y a même des gouvernements africains, des Etats-membres de l’Union africaine, qui confidentiellement vous diront que nos dirigeants sont fous. Cependant, nous sommes bien obligés de constater que les relations bilatérales entre ces pays et la Guinée équatoriale sont mues pas d’autres fils. Je dois ajouter que, dans le cas de l’Espagne, la nature de ses relations avec la Guinée est plus complexe, plus difficile à analyser. A ce propos, je vous renvoie vers mes amis José Luis Nvumba, Justo Bolekia Boleka, Paco Zamora Loboch et d’autres qui vivent en Espagne et connaissent mieux que moi le modus operandi, l’histoire et les motivations qui font agir les gouvernements espagnols.

Quelle est votre opinion à propos de la tenue en Guinée équatoriale du 27e Sommet de l’Union africaine? Est-ce plutôt positif ou négatif?
Il faut préciser que le Sommet a eu lieu à Sipopo (cité artificielle construite spécialement pour le Sommet, sur l’île de Bioko), et non en Guinée équatoriale. Sipopo et la Guinée équatoriale sont deux réalités très distinctes. C’était le second Sommet qui n’était pas précédé par une réunion des organisations de la société civile en Afrique. La première fois, c’était durant un Sommet tenu à Tripoli, il y a deux ans. Et nous connaissons bien les affinités qui existaient entre le gouvernement actuel de la Guinée équatoriale et l’ancien régime de la Libye. Le thème central de ce Sommet tenu à Sipopo fut l’autonomisation des jeunes. Pourtant, nous savons qu’un mois avant cet événement le gouvernement a fermé les écoles et a évacué Malabo de sa jeunesse pour, selon eux, garantir la sécurité publique.

 


Présentation du leader de la société civile équato-guinéenne
A Sipopo, le gouvernement a dépensé près d’un milliard de dollars pour impressionner la communauté internationale. Cet argent aurait pu être utilisé pour améliorer la qualité de vie des Guinéens, qui doivent se résigner à attendre l'Horizon 2020. Il y a aussi le cas notable de journalistes allemands dont le matériel a été saisi et dont les prises de vue ont été effacées parce que le gouvernement ne souhaitait que certaines réalités soient vues par la communauté internationale. Au final, qu’a apporté de positif le Sommet de l’Union africaine aux Equato-guinéens ordinaires? Très peu de choses, sinon rien.

Pensez-vous qu’on doive soutenir la réforme constitutionnelle initiée par Teodoro Obiang?
Il faudrait savoir ce que contient la proposition de M. Obiang pour en penser quelque chose. J’ai noté que même ceux qui ont été désignés pour se réunir à Annobon et discuter des propositions, n’ont pas eu entre les mains le texte de la réforme. Ce manque de transparence qui caractérise notre gouvernement empêche les citoyens concernés comme vous et moi de participer de manière active à la construction de notre pays. Nous ne pouvons pas remplir nos devoirs civiques quand le gouvernement est le premier à faire obstacle ou à ne pas nous laisser participer à la gestion de l’Etat, à la «chose publique» (res publica) Si la question est de savoir si les réformes constitutionnelles sont nécessaires en Guinée équatoriale, n’importe quel chauffeur de taxi de Malabo ou n’importe quel vendeur du marché central vous répondra positivement. A mon avis, avant de s’aventurer dans des réformes constitutionnelles, nous avons besoin en Guinée de garantir l’exercice des libertés intellectuelles (libertés d’expression, de presse, libre accès à l’information) et politiques. Alors qu’il n’y a aucun journaliste dans le pays qui puisse me raconter en détail, ni apporter des précisions à propos de la réforme constitutionnelle, ni donner son opinion sans crainte de représailles, nous mettons la charrue avant les bœufs. Alors que les représentants de partis politiques refusent de participer aux débats sur les réformes, nous nous égarons. Alors qu’à la veille du referendum, le peuple ignore tous les détails de la réforme proposée par son président, le président devrait se demander s’il dirige un peuple ou un troupeau de moutons.
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